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Contexte

Éloïse est non-voyante et doit se rendre à Toulouse pour une formation professionnelle de deux semaines. Elle aimerait comprendre l’organisation de cette ville qu’elle ne connait pas, mais aussi se rendre à pied depuis l’hôtel où elle va loger jusqu’au lieu de la formation qui n’est pas très loin. Elle aimerait éventuellement flâner dans ce quartier nouveau pour elle. Avec l’aide de son ami voyant, elle va imprimer deux cartes en relief interactives. Tout d’abord, celle de la ville de Toulouse qui lui montre la place du Capitole, l’organisation des arrondissements et quartiers, les deux lignes de métro, ainsi que la localisation des principaux bâtiments historiques. Ensuite elle va imprimer celle du quartier qui entoure l’Institut des Jeunes Aveugles de Toulouse où aura lieu la formation. Grâce aux interactions ajoutées à ces deux cartes en relief, elle peut déclencher de nombreuses descriptions verbales concernant ces lieux et passer de l’une à l’autre de ces cartes sans problème. Elle pourra aussi partir avec une carte en relief dans son sac si elle le désire.

L’appropriation de l’espace urbain est un élément essentiel pour améliorer l’autonomie des personnes déficientes visuelles (DV), pour qui la connaissance géographique et les déplacements en extérieur constituent une difficulté majeure. La représentation synthétique offerte par une carte est un outil essentiel à cette démarche de conceptualisation.

Cependant, l’accès aux cartes géographiques est aujourd’hui insuffisant chez les personnes DV, notamment parce que leur fabrication repose essentiellement sur une approche artisanale, pratiquée par des adaptateurs en documents et des instructeurs en locomotion en nombre insuffisant pour couvrir les besoins réels. Pour un utilisateur DV, la perception et la compréhension de la carte reposent sur une représentation multimodale (bigraphique, tactile et/ou auditive) qui doit être adaptée à sa déficience, tant sur le contenu (nombre, forme et texture des figurés) que sur les supports de représentation (thermoformé, thermogonflé, impression additive, avec ou sans interaction, etc.) L’usage qui sera fait de la carte (par ex connaissance géographique vs. déplacement piéton) est aussi un élément important à considérer puisqu’il changera complétement la quantité et la qualité des figurés représentés sur cette carte.

Consortiums et acteur impliqués

Le consortium s’appuie sur l’expertise complémentaire et reconnue des partenaires qui le constituent, chacun apportant un des éléments indispensables à la bonne réalisation du projet.

Le LaSTIG (laboratoire en sciences et technologies de l’information géographique) représenté par Guillaume Touya, est spécialisé dans les problématiques de géomatiques, et concentrent notamment leurs activités scientifiques sur les problématiques de généralisation dynamique et de données géographiques collaboratives. La problématique de la cartographie pour déficients visuels a récemment émergé comme une application directe et originale à leurs travaux en géomatique.

L’IRIT apporte son expertise sur les problématiques de la cognition spatiale non-visuelle, de l’interaction non-visuelle et des technologies d’assistance. Depuis plus de dix ans, l’activité de recherche au service des déficients visuels a conduit à la création du laboratoire commun //Cherchons pour Voir// avec l’IJA (Institut des Jeunes Aveugles de Toulouse), représenté dans le consortium par Grégoire Denis (PhD). Leurs récentes explorations dans le cadre du projet Accessimap (références ?) a confirmé les besoins de propositions innovantes en géomatique, pour répondre aux besoins des DV.

Le thème G4 du laboratoire LIMOS, représenté par Jean-Marie Favreau, explore des problématiques liées à la géométrie et à l’image, en s’appuyant sur un savoir-faire en algorithmique et en apprentissage. Il travaille depuis une année avec le LaSTIG à l’exploration des problématiques associées à la génération de cartes pour déficients visuels. De cette collaboration, est née une première thèse, financée par l’Université Clermont Auvergne, qui débute en novembre 2017.

Enfin, FeelObject est une jeune entreprise innovante co-fondée par Sylvain Huin, dans le secteur de la fabrication additive, qui propose des solutions d’équipements de lieux accueillant du public, à destination de personnes DV. Leurs activités de recherche et développement sont notamment concentrées sur la reproduction de schémas satisfaisant aux besoins spécifiques de ce public, à la fois sur des questions de qualité de touché, mais également de simplification de la signalétique.

Jean-Marie Favreau, le coordinateur du projet, a eu l’occasion de participer en tant que représentant scientifique à un projet FUI (3DCI – FUI AAP14), ainsi qu’à plusieurs projets financés par la région Auvergne. Dans ce contexte, il a encadré plusieurs post-doctorants et ingénieurs. Il est également impliqué localement dans la sensibilisation au handicap visuel, notamment par l’organisation de tables rondes et de conférences sur ces problématiques. La dimension transversale des problématiques de géométrie dans le projet de recherche constitue également un atout à cette coordination.